(Very good) trip à Vik

L’Islande, c’est Reykjavik, mais aussi et surtout sa nature sauvage et énervée. Courageux comme nous sommes, nous voilà donc partis pour une première virée à la découverte les trésors de l’île.

carte-1-islande

L’histoire avait pourtant bien mal commencée.

« Julia, j’ai loué une bagnole pour demain. »
« Ah oui ? Super ! T’as trouvé ce que tu voulais ? »
« Euh, à vrai dire, c’est pas gégé comme voiture… »
« Ah bon ? »
« C’est même vraiment pas terrible. »
« Ah. »
« Une vieille Corolla, toute rouillée, pas vraiment clean à l’intérieur, mais les pneus neiges ont l’air niquels, c’est le principal, non ? »
« Ah. (De longues secondes d’auto-persuasion) Non, mais tant que ça roule, ça ira… »

Après une nuit d’excitation et de sueurs froides, nous voilà donc partis pour une première virée au volant de notre Super-Corolla brun-brique-auburn-caramel version 98 !

A l’heure où il fait encore nuit (c’est pas vraiment une référence ici), nous nous engageons sur le périph’ pour rejoindre l’axe principal du pays en direction du Grand Sud.

Bon dit comme ça, ça parait impressionnant mais dans les faits, on a prit la grande avenue pour sortir du patelin, avant de suivre LA route nationale islandaise -et oui la seule, l’unique- qui nous emmène jusqu’à Vik.

DSCF1211

Ma fidèle co-pilote armée de son Lonely Planet et moi-même filons comme des flèches vers la ville la plus méridionale de l’île, à quelques 187 kilomètres de Reykjavik. Comme des flèches, comme des flèches… une flèche de 90km/h grand max alors ! Une chose est sûre, mieux ne vaut ne pas avoir d’urgence sur la route ici. Quoique bien dégagée, « l’autoroute » locale reste sinueuse, parfois surprenante et souvent vallonnée. Gros avantage toutefois, pas besoin de s’occuper des panneaux. Si vous continuez tout droit, vous allez vous retrouver au même endroit, près de 24 heures de route plus tard et après avoir fait le tour de l’île ! Pratique.

A peine sortis de la capitale, on prend un gros coup de frais dans la tronche avec ces montagnes fièrement dressées aux alentours. Comme il ne nous en faut pas plus pour nous rendre fou-fous….

eglise

Et puis soudain :
« Eh, c’est quoi cette odeur ? »
« Bizarre, ça sent l’œuf. »
« Promis, j’y suis pour rien. »
« Non, t’es con, c’est la même odeur que sous la douche ! »
« Eh ouai, exact, regarde, c’est la centrale là ! ».
Sur la gauche, au milieu d’une ribambelle de pipelines se dresse fièrement la centrale géothermique de Hellisheiði , la plus grande du pays, 2ème plus importante au monde (Eh, c’est qui les patrons ?). En service depuis 2006 elle envoie l’eau à plus de 80°C dans les pipelines. D’un seul coup, on comprend mieux leur facilité à se chauffer… Et pourquoi on se brûle les mains quand on ouvre l’eau chaude un peu trop vite (oui, oui ça nous arrive tous les jours).
Bon alors pour la petite histoire, l’eau chaude est bien évidemment potable mais sent affreusement l’œuf pourri. Il paraitrait que le soufre y soit pour quelque chose. Jamie nous en dira plus une autre fois. Bref, assez étrange les premiers jours, mais on s’y fait vite…

Passé Hellisheiði, on s’engage dans les premières « montagnes » au sud-est de Reykjavik, au cœur d’un paysage rendu lunaire par quelques jours de neige, avant de redescendre sur Hveragerði.

Hveragerði, ou la « ville des serres » (non, je vous venir, pas « Cerf, cerf, ouvre-moi… »). La ville des serres donc. On vous la fera courte, mieux vaut venir de nuit pour apprécier l’éclairage des installations.
Après un petit détour par la campagne pour apercevoir des chevals (ou des chevaux, je sais jamais), et quelques moutons-serpillères, on reprend la route.

chevalcheval

C’est désormais un paysage de carte postale qui nous suivra jusqu’à Vik. A notre gauche, les massifs volcaniques, dont l’imposant glacier Mýrdalsjökull, se succèdent, faisant face à l’imperturbable océan.
Avé Sébastien Folin, le Dieu météo nous avait réservé un soleil de plomb et un ciel plus bleu qu’un Montbrisonnais un samedi soir. Bref, du bonheur en barre.
Fermes isolées, cascades arc-en-cielées, étendues sauvages, pas grand-chose à décrire, il faut venir voir pour comprendre.

cascade

Et puis le coup de folie.
« Tourne à droite au prochain carrefour. »
« Argg, sûre ? On va quitter la route principale. »
« Oui, oui, on va rejoindre le phare qu’on voit au loin sur cette presqu’île .»
« Ok, on tente le coup. »
Nous voilà donc embarqués sur la 218 avec Super-Corolla. Premier virage,  petit tas de neige. Ca passe. Deuxième virage, patinoire. Ca glisse. Bon… On va peut-être ralentir un peu la cadence. Troisième virage, la chaussée est à moitié inondée et la route s’enfonce dans un bras de mer avec de l’eau des deux côtés.

« Qu’est-ce qu’on fait ? »
« Maintenant qu’on est là, on va y aller, il y a des traces, ça a l’air de passer. »
« Ah. »
Quelques centaines de mètres plus loin, on se retrouve sur une falaise « type Morbihan », au-dessus d’une plage de sable noir, à contempler l’Océan Atlantique et le parc des Ecrins. Incroyable. Un petit bout de paradis nommé Dyrhólaey.
Excités par le paysage, on s’empresse de sortir de la voiture.
(Attention, ce qui va suivre est digne d’un cartoon.)
A grandes enjambées, Julia court sur la plage de sable noir pour aller voir la mer. Première vague, ouahhh c’est fabuleux une vague. Deuxième vague, ouaaah, elle arrive vite celle-ci. Telle Pamela Anderson à la belle époque, elle court désespérément pour échapper à la vague. Raté. Julia en a jusqu’aux genoux. C’était beau la mer.
On prend quelques photos, de l’air plein les poumons et on reprend la route.

ju_mer ju_mer2  DSCF1267 DSC_7469

Une petite vingtaine de kilomètres plus loin, la bourgade de Vik, la plus grosse de la région avec ses 291 habitants (!), nous attend pour la pause casse-croûte. On tente de dénicher un petit troquet sympatoche, mais visiblement, y’a pas foule dans le coin ! Unique activité visible, la banque qui partage son local avec un Vínbúðin, les seuls revendeurs d’alcool autorisés par le gouvernement  (bref, encore une histoire à raconter). Cocasse.

Bon, tout ça pour dire que pour faire local, on s’est rabattus sur un burger dans une station-service, assis à côtés d’une bande de touristes chinois. Paie ton exotisme.

Le soleil, qui n’a toutefois jamais daigné monter bien haut dans le ciel, est déjà en train de redescendre, il est définitivement temps de rentrer. Sous la  lumière crépusculaire, le paysage se dévoile encore bien différent.

Et la Super-Corolla aussi ! Un peu taquine, elle nous laisse le choix entre éclairer le tableau de bord ou la route. Nous finirons donc notre périple exténués et dans l’ombre, mais plus que jamais ressourcés.

SEMAINE-3
DSCF1234

Jack.

Publicités